Anna de Wolska est la fille de l’écrivain, journaliste et militant polonais Kalikst Wolski. Proche amie et correspondante d’Helena Modrzejewska, dite Modjeska, elle intervient notamment en 1882 et 1883 comme intermédiaire entre la grande actrice et la Maison Duluc. Elle se rend dans l’atelier parisien et transmet aux couturières les instructions de Modjeska concernant la coupe, l’ajustement et la livraison de ses costumes.
Anna Wolska appartient également au réseau de Félicien Rops. Dans une lettre du 28 mars 1887 (n° éd. 1860), l’artiste la présente à Édouard Dujardin, directeur de La Revue indépendante. Elle cherche alors à faire connaître La Russie juive, ouvrage qu’elle vient de faire paraître en français à Paris sous le nom de son père. Rops demande à Dujardin si Théodore de Wyzewa pourrait en parler dans la revue. Cette démarche montre qu’Anna Wolska ne se contente pas de transmettre les commandes de Modjeska : elle agit aussi dans les réseaux éditoriaux et littéraires parisiens. L’attribution de La Russie juive à Kalikst Wolski est toutefois aujourd’hui contestée. Publié en 1887, deux ans après sa mort, le livre aurait vraisemblablement paru sous un nom qui avait été usurpé par un membre ou un agent de la police politique russe.
Au début des années 1890, Anna Wolska fréquente les milieux féministes, symbolistes et ésotériques. Compagne de l’occultiste Papus, elle fonde et dirige la Bibliothèque internationale des œuvres des femmes, dont l’objectif est de rassembler et de faire connaître les productions intellectuelles et artistiques féminines. Les publications de l’époque la qualifient de « directrice-fondatrice », tandis que Papus en est le secrétaire général. La Bibliothèque est ensuite associée, tout en conservant son autonomie, au Groupe indépendant d’études ésotériques.
Anna Wolska mène enfin une activité artistique liée au symbolisme et à l’occultisme. En février 1895, elle participe à la troisième exposition du cercle Pour l’Art à Bruxelles, où elle présente treize portraits d’inspiration ainsi qu’un ensemble de dessins symboliques. Son éventuelle appartenance à la Société de l’Œillet blanc reste, en revanche, à documenter et ne peut actuellement être affirmée avec certitude.
Rédigé par Daniel Gueguen, Atelier symboliste