Numéro d'édition: 1253
Lettre de Félicien Rops à [Joséphin Péladan]
Texte copié

Expéditeur
Félicien Rops
1833/07/07 - 1898/08/23

Destinataire
Joséphin Péladan
1858/03/28 - 1918/06/27
Lieu de rédaction
Bièvres
Date
1884/08/23
Commentaire de datation
Cette missive fait suite à la lettre de Rops à Joséphin Péladan datant du 8 août [1884] (voir : inv. II/7043/73. – N° d’édition : 1249). L’année est déduite du contexte de la correspondance entre Félicien Rops et Joséphin Péladan ainsi que du travail évoqué dans la lettre. Le « cuivre » que Rops indique ne pas avoir encore retouché paraît être celui du frontispice destiné au Vice suprême, ouvrage de Péladan publié en 1884. Dès le 18 septembre 1883, Rops écrivait déjà à Péladan qu’il poursuivait ce projet et signalait la nécessité de retoucher les planches prévues pour l’ouvrage (n° éd 1252). La présente lettre appartient vraisemblablement à la phase finale de ce travail. La mention d’une baignade, au cours de laquelle Rops aurait été victime d’un malaise, ainsi que le séjour prolongé à Bièvres sont par ailleurs compatibles avec une datation estivale. Ces éléments permettent de retenir le 23 août 1884, datation également adoptée dans l’édition de la correspondance Rops-Péladan établie par Hélène Védrine.
Type de document
Lettre
N° d'inventaire
II/7043/77
Collationnage
Autographe
Date de fin
1884/08/23
Lieu de conservation
Belgique, Bruxelles, Bibliothèque royale de Belgique, Cabinet des Manuscrits
Illustration
Lettre illustrée
Apostille
1883 ou 1884
Page 1 Recto : 1
Bièvres le 23
Mon Cher Monsieur Péladan
je n’ai pas encore bougé de Bièvres ! Et par conséquent je n’ai pas retouché le cuivre. Oui le diable s’en mêle !! J’ai passé depuis que je vous ai écrit les douze jours les plus maudits qui soient – 1o Je vais au bain, je plonge – c’est une vieille joie, – sous l’eau, je me sens une espèce d’étourdissement : je reviens au dessus de l’eau & je regagne le bord assez péniblement, – notez qu’aux Jésuites j’ai toujours eu le prix de natation, – et celui de Discours Français. Ah !!
Je me regarde dans une glace :
Croquis
Voilà mon œil depuis lors. Cela ne serait rien & je pourrais m’appeler
Page 1 Verso : 3
« Rops’y à l’œil sanglant » comme un de mes ancêtres s’est appelé : « le vieux Rops’y à l’oeil gris » – mais c’est douloureux & je ne vois fort peu de cet oeil là. Ah, il parait que c’est ce qui m’a sauvé de la congestion cérébrale ! Il « paraît » que c’est une des formules de l’appoplexie ! « La douce Appoplexie » comme dit Camuset en ses
Au Galop de sabbat !
Je vous serre bien la main au Galop & je vous prie de transmettre mes Compliments à votre maison.
F. Rops
J’entends d’ici le bruit des Cigales aux Arênes. – Que cela vaut mieux que les garruliades des Paillerons aux Académies. Ce soleil me fait penser à Sarah Bernardht :
«Dona sol lucet omnibus»
J’ai trouvé sa devise n’est ce pas ?
Je la lui donnerai ! Gratis !
Il faut vous dire que la Roi Choléra voyage à Paris sous le nom de sa fille Cholérine. & depuis longtemps, – mais on ne veut pas lui rendre les honneurs dûs à son rang. C’est bon pour Nîmes ! – Faites attention à vous & aux vôtres – mourir de la tête ce n’est rien, mais sur le pot comme un vulgaire producteur – Pouah !
Page 1 Recto : 4
Fable :
Richepin
Ne s’emploie pas au féminin J’illustrerai ce distique pour la Dona Sol.
N.B. Richepin est la clef de Sol !
– Trouvéz vous pas qu’il y a ici des podrômes dangereux
Plaignez moi !!
Détails
Support
1 feuillets, 4 pages, Vergé, Crème. Papier avec filigrane : Original Louvre Mill. Paris Louvre Note Paper
Dimensions
177 x 224 mm
Mise en page
Écrite en Plume Noir.
Copyright
KBR




Commentaire de collaboration
Source : Hélène Védrine, Correspondance inédite, Félicien Rops-Joséphin Péladan, Paris, Séguier, 1997, p. 128-131.