Charles Archbold-Aspol (1843–1900) est un négociant établi à Sète, dans l’Hérault. Il appartient également au milieu de la bibliophilie et entretient des relations avec Octave Uzanne et les cercles de bibliophiles parisiens. En 1896, Uzanne le qualifie de « bibliophile très artiste ».
Archbold-Aspol est surtout connu, dans le cadre de la correspondance de Félicien Rops, comme collectionneur de l’œuvre de l’artiste. Dans une lettre du 26 décembre 1889, Rops évoque explicitement sa « collection-Rops » et souligne l’intérêt qu’Archbold-Aspol porte à ses œuvres (n° éd. 1523). Rops précise également qu’il s’intéresse aux collections constituées par ses admirateurs.
La relation entre les deux hommes se développe autour de l’acquisition d’œuvres. Le 14 janvier 1890, Rops explique qu’il avait l’intention de proposer une affaire à un autre collectionneur, mais qu’après avoir reçu la lettre d’Archbold-Aspol, il préfère s’adresser à lui en premier ( n° éd. 1524). Le lendemain, il lui propose l’acquisition de lots de dessins et de gravures, avec des paiements échelonnés de 500 francs tous les trois mois, en précisant : « je préfère faire cette affaire avec vous qu’avec un autre » (n° éd. 1525).
Les échanges témoignent également d’une certaine proximité personnelle. Le 10 juillet 1890, Rops lui adresse en cadeau un exemplaire de La Chasse à la Bécasse, en témoignage de son amitié (n° éd. 1526).
En février 1892, Rops revient sur une somme de 500 francs qu’Archbold-Aspol lui avait avancée. Pour s’acquitter de cette dette, il lui propose de lui envoyer plusieurs nouvelles eaux-fortes ainsi que des anciennes qui n’ont pas été mises dans le commerce. Il lui propose également, comme alternative, une aquarelle d’une valeur de 500 francs (n° éd. 1527).
Les cinq lettres conservées entre 1889 et 1892 montrent ainsi qu’Archbold-Aspol est un collectionneur particulièrement intéressé par l’œuvre de Rops, avec lequel l’artiste entretient des relations suivies, à la fois commerciales et personnelles.