Numéro d'édition: 2124
Lettre de Félicien Rops à [Léon Dommartin]
Texte copié

Expéditeur
Félicien Rops
1833/07/07 - 1898/08/23
Destinataire
Léon Dommartin
1839/09/11 - 1919/08/23
Lieu de rédaction
s.l.
Date
1882/06/15
Commentaire de datation
Cette lettre peut vraisemblablement être datée du 15 juin 1882. Rops séjourne alors à Montlignon, où il vient d’installer la « Villa des Artistes », et intervient dans le projet de mariage entre son ami Léon Dommartin et Marie Bonvalot. Une lettre du 3 juin, non datée de l’année, décrit déjà cette même situation. La mention d’un « jeudi 15 » permet de préciser la datation, puisque le 15 juin tombe un jeudi en 1882. Les déplacements de Léontine et d’Aurélie à Londres s’accordent en outre avec la présence de Rops en Angleterre au mois de mai précédent. L’ensemble de ces indices permet donc de proposer, avec une forte probabilité, la date du jeudi 15 juin 1882.
Type de document
Lettre
N° d'inventaire
II/6714/18
Collationnage
Autographe
Lieu de conservation
Belgique, Bruxelles, Bibliothèque royale de Belgique, Cabinet des Manuscrits
Page 1 Recto : 1
Jeudi 15
Mon Vieux
Je n’y comprends rien. Je t’ai écrit Dimanche. Lundi matin Léontine est partie et a mis a ta lettre à la poste à la gare de l’Ouest en arrivant à Paris à 8 heures du matin.
Je suis revenu aujourdhui pour prendre des crayons & je retourne dans quelques minutes à Montlignon. Auré & Léon sont à Londres depuis Lundi soir. MlleMarie Bonvalot & Marie Duluc tiennent la maison & sont bousculées de travail. Elles m’ont mis à la porte, j’ai mange au restaurant & je refile. Mlle Marie m’a dit qu’elle avait reçu une lettre de toi. Je ne sais pas ce que tu as pu lui dire, mais elle n’avait l’air content que tout juste en me disant cela. Comme elle est toujours fermée à son petit verrou, je n’ai pas questionné. Enfin tout cela « sont tes affaires & les siennes ». Débrouille-toi, tu as la partie belle, tant pis si tu la gâtes & si tu perds tes atouts. Cette poste franco-belge est décidément idiote !
Page 1 Verso : 2
Qu’est ce que tu as bien pu dire à Marie Bonvalot pour qu’elle ait cette mine là ? Si j’avais eu Auré sous la main je l’eusse fait interroger délicatement, seul, je me suis abstenu. Je lui ai dit : je vais écrire à Léon vous n’avez rien à lui dire que je puisse dire : « – Mes Compliments et dites lui que je lui écrirai demain si je trouve une minute pour le faire ».
Enfin évidemment tu lui as écrit quelque chose de désagréable. Il faut songer Mon Vieux, que les petites femmes comme Mlle Bonvalot peuvent penser beaucoup de choses & les exprimer gauchement. Je « tape au hasard » peut être ne lui as-tu rien dit de désagréable ! En tout cas elle a sa mine grise. – Nous sommes si maladroit nous – autres gens de littérature ! Enfin encore une fois c’est ton affaire et cela ne regarde que toi. Je travaille à crever. – Je refile vite à Montmignon. Écris-moi toujours rue Drouot et pas rue Richelieu ! rue Drouot cela m’arrive plus vite que si tu m’écrivais directement à Montlignon, et rue Richelieu cela ne m’arrive pas. Ces « dames » jettent cela en dehors des papiers d’affaires et ne comprennent pas qu’une lettre qui ne renferme que des nouvelles sans échantillons
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de soie ne puissent pas attendre huit jours, au bas mot.
Je t’écrirai dans quelques jours dès qu’Auré & Léon seront revenues de Londres.
As-tu pas vu Carlier ? – Engage le à être des nôtres l’an prochain. Travaille vieux & bon courage. Mais que la jeune Marie faisait une figure de travers. Et j’en pâtis moi ! Tu m’embêtes. Vous m’embêtez tous les deux. Je donne ma démission !
À toi Vieille bête
Fély
Détails
Support
1 feuillets, 3 pages, Vergé, Crème.
Mise en page
Écrite en Plume Noir.
Copyright
KBR


