Félix Tournachon, dit Nadar, est un photographe français avec lequel Félicien Rops entretient une correspondance dès 1856, année où il le caricature dans son journal Uylenspiegel (23 novembre 1856). Trente-quatre lettres de Rops à Nadar sont aujourd’hui recensées.
Le photographe joue un rôle déterminant dans les débuts de la carrière du graveur. Dans une lettre au journaliste Alfred Delvau, Rops exprime sa reconnaissance : « Vous et Nadar, je ne l’oublie pas non plus celui-là ! – vous m’avez tendu vos mains fraternelles pour me tirer de l’obscurité de la province, vous avez eu de bonnes paroles pour le débutant qui essayait de se faire une petite place au soleil et qui ne rencontrait partout que l’indifférence ! »[1].
Selon les dires de Delvau, Nadar qui choisissait deux œuvres de Rops dans un portfolio se serait exclamé, admiratif : « Que ce cornichon a du talent ! »[2] Après 1865, les échanges s’interrompent avant de reprendre à partir de 1886. La majorité des lettres conservées (environ 75 %) appartiennent à cette seconde période. Les lettres sont alors plus intimes, abordent des soucis de santé, des préoccupations familiales et le désir de se revoir.
Installé à Corbeil-Essonnes dès 1884, à proximité immédiate de Nadar, Rops témoigne dans ses lettres d’un attachement fraternel à Nadar qu’il appelle fréquemment « Grand frère », tandis qu’il signe « Petit frère » [3] .
[1] Lettre de Rops à Alfred Delvau [Léon Fuchs], Namur, 17 octobre 1857/10/17. www.ropslettres.be, n° éd. 0243
[2]Correspondance de Félicien Rops, réunie d’après des manuscrits originaux inédits et des documents déjà publiés, avec une préface et des Notes par Maurice Kunel et Gustave Lefebvre. Tome Septième et dernier. Limal 1943. Collection Rops de Gustave Lefebvre, p. 260/9.
[3] Lettre de Félicien Rops à [Félix] Nadar [Tournachon], Paris, 30/00/0000. Paris, Bibliothèque nationale de France, NAF/24284/526. N° Edition 1657.